
Depuis plusieurs années, Caritas est reconnue pour son action en faveur des personnes démunies, notamment à travers la distribution de vivres, de vêtements et de semences. Aujourd’hui encore, l’organisation se mobilise pour identifier et accompagner les ménages récemment retournés, souvent confrontés à des conditions de vie extrêmement précaires.

Selon Madame Gloriose NTACONZOBITANDEKUYE, Secrétaire exécutive de la commune de Nyanza, ces familles arrivent dans des situations particulièrement difficiles. Beaucoup ont perdu leurs biens durant leur exil. À leur retour, elles doivent reconstruire leur vie à partir de rien : absence de logement, insécurité alimentaire, vêtements insuffisants ou détériorés.
Certaines retrouvent leurs terres occupées ; d’autres ne peuvent rien récolter faute de n’avoir pu cultiver. Dans plusieurs cas, l’intégration au sein des communautés hôtes reste fragile, exacerbant les tensions sociales.
Les responsables administratifs se réjouissent de voir la Caritas présente sur le terrain pour identifier les bénéficiaires et leur apporter une assistance adaptée. Ils recommandent toutefois que l’aide matérielle soit accompagnée d’actions de sensibilisation en faveur du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.

Une action inclusive et sans discrimination
À la colline Nyamirongo, Mwamini Nimbona, chef collinaire, a souligné le caractère inclusif de l’intervention :
« Caritas aide les personnes vulnérables en leur donnant des semences, des vêtements et de la nourriture, qu’elles soient catholiques, protestantes ou musulmanes. Nous souhaitons qu’elle continue à soutenir ces familles » a t- elle déclaré.
Cette approche sans distinction, ni de religion, ni sociale est largement saluée par la population locale, qui y voit un signe fort de solidarité et de justice.

Des besoins qui dépassent les capacités locales
Pour Côme BARAMPAMA, responsable de Caritas à la paroisse de Muyange, l’ampleur des retours dépasse largement les moyens disponibles :
« Les retournés sont très nombreux. Ils arrivent sans rien et se tournent immédiatement vers Caritas pour demander de l’aide. Parmi eux, on compte des malades, des orphelins, des personnes vivant avec handicap, des veuves et des femmes abandonnées » a t- il souligné.
La paroisse dispose d’un fonds alimenté par les offrandes de solidarité, mais celui-ci reste insuffisant face à l’ampleur des besoins. Lorsque les capacités paroissiales sont dépassées, un appui complémentaire est sollicité au niveau diocésain.

Promouvoir la cohésion sociale et l’esprit évangélique
Le curé de la paroisse de Muyange, l’abbé Balthazard NDABISHIMIYE, souligne que de nombreux retournés arrivent totalement démunis. Il reconnaît que la pression sociale peut générer certaines tensions, notamment des cas de vols dans les champs des résidents.
Toutefois, au niveau paroissial, des efforts constants sont déployés pour promouvoir l’esprit de l’Évangile et la solidarité communautaire. Les chrétiens sont encouragés à cultiver un esprit de partage au sein des communautés ecclésiales de base, à soutenir les plus démunis selon leurs moyens et à signaler aux instances compétentes les situations dépassant leurs capacités. Il a alors invité les populations locales à préserver les valeurs traditionnelles burundaises d’entraide :
« Accueillir celui qui est dans le besoin fait partie de notre culture. Si ton voisin traverse une difficulté, considère que cela peut aussi t’arriver un jour » insiste-t-il.
De leur côté, les personnes retournées sont appelées à adopter une attitude responsable, à éviter les comportements déviants et à s’engager activement dans la reconstruction de leur vie dans le respect des autres.
Pour un accompagnement durable et structurant
Au-delà de l’aide d’urgence, la paroisse appelle la Caritas et ses partenaires à renforcer leur soutien dans des domaines essentiels tels que la santé, l’éducation des enfants et la promotion de petits projets générateurs de revenus.
Les retours forcés constituent un défi particulier, car les familles concernées n’ont souvent pas eu le temps de se préparer à leur réintégration. Cette réalité rend indispensable un accompagnement structuré et durable. Face à l’afflux croissant des personnes retournées dans la commune de Nyanza, en province de Burunga, les autorités locales et ecclésiales tirent la sonnette d’alarme. Elles saluent l’engagement constant de Caritas auprès des plus vulnérables, tout en appelant à un renforcement urgent de la solidarité communautaire, l’engagement ecclésial et l’appui des partenaires humanitaires demeurent essentiels pour accompagner dignement ces populations vers une stabilité durable et une véritable réintégration sociale.

















