«N’aimons pas en paroles, mais par des actes» : c’est le thème du message du Pape François, en vue de la première Journée mondiale des Pauvres, qui se tiendra le 19 novembre prochain, 33e dimanche du Temps Ordinaire, avant la Solennité du Christ-Roi.

Journée de présentation du plan stratégique 2016-2019

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La journée du 30 aout 2016 a commencé très tot le matin et s'est cloturée le soir avec trois activités importantes: 

1) La réunion du Comité Exécutif : présidée par Son Excellence Mgr Joachim NTAHONDEREYE et co-présidée par son Excellence Mgr Bonabenture NAHIMANA, la réunion avait à l'ordre du jour les points suivants: présentation des recommandations de l'Assemblée Générale de Caritas Burundi du 26 et 27 mai 2016, la relecture des Statuts et du Règlement Intérieur pour intégration des recommandations de Cor Unum et les divers.

2) La visite à la Prison Centrale de Mpimba: les membres de la Direction de Caritas Burundi et les membres du personnel ont rassemblé des collectes en espèces et en nature, assistés par l'Association Mutimamwiza de Bujumbura, ils sont partis rendre visite aux prisonniers de Mpimba pour leur apporter un mesage de joie et de réconfort. Parmi les dons présentés, nous notons 500 kg de riz et 500 kg de haricot qu'un chrétien qui veut rester anonyme donne régulièrement à Caritas Burundi pour le service aux plus nécessiteux. Nous remercions ceux qui ont contribué à ce geste de charité.

3) La soirée de gala: elle a commencée par une exposition aux bureaux de Caritas Burundi des photos des réalisations antérieures de Caritas Burundi dans les 18 provinces et dans les 129 communes du pays suivant les axes prioritaires sécurité alimentaire, promotion de la santé, accompagnement social et urgences, renforcement des capacités des Caritas Diocésaines et des organisations locales des producteurs. La soirée a été agrémentée par le groupe des tambourinaires, des filles danceuses et des acrobates qui ont offert au public un spectacle très riche de numeros. C'est au cours de cette soirée qu'une récolte des fonds a été faite et la récolte totale des fonds destinée aux malades indigents des hopitaux de Bujumbura a été évalué à environ 2 millions de francs.                                                                                                  


LE PLAN STRATEGIQUE 2016-2019 (Résumé) 

INTRODUCTION GENERALE

 

Le présent plan stratégique 2016-2019 constitue le deuxième plan stratégique du réseau Caritas Burundi après l’adoption des nouveaux statuts en 2013. Il a été élaboré avec la participation de tous les membres du réseau que sont les Organisations Diocésaines de Développement ou Caritas Diocésaines et son Secrétariat National dans un processus de plus de huit mois[1], avant l’approbation par le Comité Exécutif et l’adoption par la CECAB[2]. Il s’inspire de la mission, la vision, les valeurs, et les principes directeurs du réseau Caritas Burundi dans une logique de redynamisation du réseau Caritas Burundi entrepris par la CECAB depuis avril 2011. En outre, la définition des orientations stratégiques s’est basée sur l’analyse de la situation socio-politique et économique du pays, les orientations de l’Episcopat du Burundi, le cadre stratégique de Caritas Africa et celui de la Confédération Caritas Internationalis ainsi que les orientations de la politique nationale et des politiques sectorielles dans les domaines d’intervention du réseau.     

Ce plan comporte cinq principales parties :

-          La première partie donne les généralités notamment la situation globale en matière politique, économique et sociale du pays, la description générale du réseau Caritas Burundi ainsi que le contexte et méthodologie de l’élaboration du plan ;

-          La deuxième partie donne les résultats du diagnostic du contexte ; analyse des moyens d’existence, les chocs, les cycles et les tendances. C’est aussi dans cette partie que l’analyse du contexte lié à l’environnement de Caritas Burundi a été faite ;

-          La troisième partie donne la présentation proprement dite du plan comprenant les fondements du plan ainsi les objectifs et les résultats ;

-          La quatrième partie donne la stratégie de mise en œuvre du plan (stratégie globale, principes et approches d’intervention,), le dispositif de mise en œuvre ainsi que les principaux acteurs et leurs rôles ;

-          La cinquième et dernière partie qui donne les mécanismes de suivi-évaluation du plan.

Le budget global prévu pour les quatre axes d’intervention est de 54 320 845 573 francs burundais soit un budget moyen de 13 580 211 393 francs burundais[3], non comprise la valorisation financière des interventions d’entraide communautaire. Enfin, comme la Caritas Burundi évolue dans un contexte changeant, ce plan constitue un moyen d’apprentissage sur terrain et il sera possible d’adapter certains actions au contexte selon les résultats des différentes évaluations notamment l’évaluation à mi parcours. 

PREMIERE PARTIE : GENERALITES

 

1.1  Profil général du Burundi

 

1.1.1        Situation géographique et climat

 

Situé à 3°22’ 34’’ de latitude sud et à 29°21’36’’ de longitude, le Burundi est à cheval entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique Centrale. Il est frontalier au nord avec le Rwanda, au Sud et à l’Est avec la Tanzanie et à l’Ouest avec la République Démocratique du Congo (RDC). Il fait partie de la région des Grands Lacs. Sa superficie est de 27.834 Km2 dont 2.700 Km² de lacs et 23.500 Km² de terres potentiellement agricoles. Les forêts naturelles et artificielles couvrent à peu près 200 000 ha. Le relief du Burundi est dans l’ensemble accidenté, caractérisé par des collines dont les pentes fragilisent les sols avec des risques d’érosion. Le climat est tropical modéré avec des pluies abondantes mais dont le pays ne tire pas pleinement profit. Le Burundi connait deux saisons distinctes : la saison sèche ; juin à août et décembre-janvier et la saison pluvieuse ; février-mai et septembre-novembre[4].

 

1.1.2        Organisation politique et administrative

 

Jusqu’en mars 2015, l’administration territoriale comprend 17 Provinces, dont le chef exécutif est un haut cadre nommé par l’Etat central, 129 Communes dirigées par un Conseil élu de 25 membres avec Président du Conseil et un Administrateur communal chargée de mettre en œuvre les délibération du Conseil. Les différentes Communes comprennent 375 zones administratives et 2908 collines de recensement et quartiers qui sont des subdivisions des zones dirigés par un Conseil élu de 5 personnes[5]. Cette organisation à légèrement changé courant 2015 avec l’introduction d’une nouvelle Province (Rumonge) et la diminution du nombre de Communes urbaines de 13 à 3 Communes.    

 

1.1.3        Situation socio - démographique

 

La population burundaise est estimée à 8,05 millions d’habitants en 2008, soit une densité moyenne de 310 habitants au Km²,  avec 50,8% de femmes et 49,2 % d’hommes et une croissance démographique annuelle de 2,4%[6], une croissance estimée à 3,3% en 2014[7]. Cette population est estimée à 10,5 millions en 2015, soit une densité de 388 habitants au Km² et est projetée à 23,1 millions d’habitants en 2040[8]. Ces densités de populations classe le pays parmi les pays africains les plus densément peuplés. Cette population vit essentiellement en milieu rural, soit 9 habitants sur 10 et est majoritairement jeune avec 56,1% de moins de  20 ans dont  44,1% de moins de 15 ans. L’indice synthétique de fécondité du Burundi  est de 6,4 enfants[9] en moyenne par femme, ce qui est très élevé. Les femmes en âge de procréer représentent près de la moitié de la population féminine totale, soit 46% avec comme conséquence l’accroissement rapide de la population et le  niveau élevé de la  morbidité et de la mortalité maternelles et infantiles, avec 8,3% de taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans et un taux de mortalité maternelle de 0,07%[10]. L’espérance de vie à la naissance du Burundi est estimée à 49 ans dont 51,8 ans pour les femmes et 46 ans pour les hommes[11].  La  situation démographique actuelle du Burundi constitue donc un défi pour un pays à ressources limitées avec des besoins considérables sur le plan de sécurité alimentaire et sur le plan socio-sanitaire en termes d’utilisation et de demande des services de santé.

 

1.1.4        Données socio-économiques

Le Burundi est classé 180éme sur 187 pays pour ce qui concerne l’Indice de Développement Humain (l’IDH) en 2014 La population burundaise vivant en extrême pauvreté est 48.2% et celle vivant en quasi-pauvreté multidimensionnelle est de 12%. La majorité des indicateurs sociaux économiques ne cessent pas de chuter et restent à un niveau très bas[12]. La malnutrition fait encore des ravages parmi les enfants avec 58% de taux de retard de croissance des enfants de moins de 5 ans[13] et elle contribue pour 46% à la mortalité des enfants de moins de 5 ans. La croissance économique a été durement par la crise qui a éclaté en 1993. Avec des proportions de 64,6% de population vivant en dessous du seuil de pauvreté[14], le Burundi est aujourd’hui classé dernier pays le plus pauvre au monde. En matière de scolarisation, le nombre d’enfant moyens par salle de classe est de 74, le taux net de scolarisation étant de 95,6% et le taux d’achèvement du primaire de 71,2%[15]. La population ayant accès à l’eau potable est estimée à 75% tandis que celle ayant accès à l’assainissement amélioré est de 47%[16]. En matière d’emplois, le taux moyen de chômage est estimé à 2,2% de la population active avec 11,7% en milieu urbain. La grande partie de la population est principalement employée dans l’agriculture et le secteur informel avec 70,4% des 15-64 ans. Censés offrir une rémunération et des conditions de travail moins précaires, les emplois agricoles formels emploient 11,4% des 15- 64 ans[17]. Le secteur secondaire et tertiaire occupe une proportion très faible de la population active.    

 

1.1.5        Situation sociopolitique

Depuis plus de six décennies, la société burundaise est confrontée à des divisions sur fond d’appartenance ethnique, régionale et politique. En effet, le passé du Burundi est caractérisé par une série de crises répétitives. Des tueries interethniques ont eu lieu en 1965, 1969, 1972, 1988, 1991 et 1993. Cette situation de conflits interminables joue négativement sur la sécurité et la paix sociale enfonçant le pays dans une pauvreté sans précédent. Depuis la crise de 1993 ayant éclaté après l’assassinat du premier Président démocratiquement élu, des efforts ont été entrepris pour la réconciliation du peuple burundais et ont abouti à la signature d’un accord pour la paix et la réconciliation du peuple burundais signé le 28 août 2000. Malheureusement, cela n’a pas abouti à une paix durable. Les élections de 2005 se sont déroulées dans un contexte moins tendu et ont été largement remportées par l’ancien mouvement rebelle transformé en parti politique, le CNDD-FDD  (Conseil National de Défense de la Démocratie- Force de Défense de la Démocratie). Celles de 2010 ont été organisées dans un climat délétère d’insécurité et les résultats ont contestées par l’opposition, ce qui a crée un climat tendu entre le gouvernement issus du parti CNDD-FDD et l’opposition durant toute la législature (2010-2015). La période électorale 2015 a été caractérisée par l’intolérance, la violence et l’insécurité. Il s’en suit que les résultats des différentes élections aient été contestées par les parties d’opposition, les grande partie des organisations de la société civile, l’Eglise Catholique, une grande partie de la communauté internationale, etc. qui les jugent contraire à l’Accords d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation signé en 2008. Au moment de l’élaboration de ce Plan Stratégique, le pays est en crise et les différents belligérants ne s’accordent pas encore sur une solution négociée pour sortir le pays de la crise. Cette situation de crise vient aggraver une situation de pauvreté des ménages déjà précaire dans un pays classé parmi les derniers pays les plus pauvres au monde.

1.2  Présentation de Caritas Burundi

1.2.1        Identité

Caritas  Burundi est un réseau d’Organisations Diocésaines de Développement[18], instrument de la Pastorale de la Charité de l’Eglise Catholique au Burundi. Il cherche à promouvoir constamment l’esprit communautaire, la solidarité, le partage et la justice. Ses domaines d’action sont par conséquent la promotion sociale : l’assistance et le développement. Les acteurs sont d’abord la communauté chrétienne et tous les bénéficiaires ensuite, ces derniers étant tout homme en détresse ou en quête d’un mieux être, surtout tout laissé pour compte. C’est en outre une Association Sans But Lucratif sous forme de réseau, agréée par l’arrêté ministérielle n° 100/52 du 20 juillet 1962. Ses statuts ont été revus et adoptés par  l’Assemblée Générale en 2013. Ci-après, la représentation schématique du réseau Caritas Burundi.

 

CARITAS BURUNDI : Présentation schématique

 


Au sein de ce réseau, chaque entité dispose de sa propre autonomie et Caritas Burundi, à travers son Secrétariat National, joue un rôle d’animation de cet ensemble de partenaires privilégiés, dans l’optique de la coordination et de la complémentarité, en vue de la consolidation des efforts et de moyens. Cette structure décentralisée, complétée encore par bon nombre d’institutions permanentes de l’Eglise situées au niveau local – Paroisses, Communautés Ecclésiales de Base (CEB), Hôpitaux et Centres de Santé Agréés, Orphelinats, Centres pour Handicapés, etc. permet de maintenir un contact proche avec la population et de mieux ajuster les interventions sur le terrain.

Caritas Burundi est aussi membre de la confédération Caritas Internationalis qui regroupe 164 organisations travaillant dans plus de 200 pays. Il fait partie des Caritas de la zone ACEAC (Rwanda, le Burundi et la RDC), dans la région Caritas Africa, zone dont elle assure la coordination depuis 2010.

 

 

1.2.2        Mission, vision et valeurs fondamentales

 

Mission : Caritas Burundi a reçu de l’Episcopat du Burundi une mission de :

 

  1.  Þ            Secourir les pauvres, les faibles et les vulnérables, à travers le renforcement d’un partenariat efficace et la promotion de la solidarité communautaire afin de les rendre;
  2.  Þ            Assurer la durabilité des interventions pour les générations futures à travers la sensibilisation et la mobilisation des communautés pour la préservation du patrimoine;
  3.  Þ            Promouvoir les initiatives des communautés par un accompagnement participatif en vue d’une autoprise en charge;
  4.  Þ            Rendre dynamique le Réseau à travers le renforcement des capacités de ses membres en vue de servir efficacement les populations cibles.

Vision : Caritas Burundi a une vision d’une société où les gens ont la vie en abondance (Jean, 10, 10b).

La vision du réseau Caritas Burundi est donc celle d’une société burundaise solidaire où les plus forts soutiennent les plus faibles dans l’amour et la dignité, une société prospère où la maladie, la famine et la misère sont éradiquées, une société soucieuse de l’avenir des générations futures à travers la préservation de l’environnement et une société dans laquelle les communautés ne sont pas considérées comme des éternels assistés mais des promotrices de leur propre développement et partenaires valables dans le développement. Dans cette société, le réseau Caritas Burundi, dynamique, devra y jouer un rôle prépondérant à travers les organisations membres travaillant en synergie.

 

Valeurs fondamentales : Le réseau Caritas Burundi a fait siennes les 5 valeurs principales choisies par la Confédération Caritas Internationalis : la dignité de la personne humaine, l’option préférentielle pour les pauvres, la destination universelle des biens de la terre, la solidarité et la conservation de la planète

 

1.2.3        Principales domaines d’intervention actuels

 

Caritas Burundi couvre des secteurs diversifiés visant l’assistance aux plus vulnérables et le développement durable des communautés. Ses actions passent par l’entraide communautaire et l’intervention externe à travers les projets et les programmes. Les principaux secteurs couverts sont : la réponse aux urgences, l’assistance sociale, la promotion de la santé, la sécurité alimentaire, la protection de l’environnement, la micro finance ainsi que la promotion de l’accès aux services sociaux de base de qualité. En plus des différents domaines d’intervention, Caritas Burundi intègre dans les différents projets et programmes, de façon transversales, des aspects très chers à l’Eglise du Burundi notamment les questions liées à la promotion de la dignité de la femme, la problématique de la pression démographique ainsi que la problématique de l’emploi, surtout pour les jeunes.

 

1.3  Contexte et méthodologie de l’élaboration du Plan Stratégique 2016-2019

1.3.1        Contexte d’élaboration du plan

 

Ce plan stratégique est basé sur la situation socio-politique et économique du pays vue par les différents acteurs de terrain, les orientations stratégiques repris dans les documents de politiques du pays au niveau des différents ainsi que les orientations de l’Episcopats du Burundi et de la confédération Caritas Internationalis en matière de pastorale de la charité. Il prend aussi en considération les résultats de l’évaluation rapide du plan stratégique précédent couvant la période de 2013 à 2015.       

 

 

 

 

1.3.2        Principales phases d’élaboration du plan

Quatre principales phases ont caractérisées le processus d’élaboration de ce Plan Stratégique. Il s’agit de la phase de monitoring continu de la situation socio-économique des communautés tout au long de la mise en œuvre du Plan Stratégique précédent (2013-2015), l’organisation de l’atelier de planification stratégique au cours duquel le Plan Stratégique 2013-2019 a été évalué, la rédaction du plan ainsi que la phase d’approbation et de validation par les instances habilitées.  

1.3.2.1  Monitoring de la situation  socio économique au sein des communautés

 

Parallèlement à la mise en œuvre du plan précédent, les techniciens chargés de la mise en œuvre des différents projets ont documenté la situation socio-économique prévalent dans le pays et ont intégré les analyses de la situation dans les différents rapports des projets. Au delà des projets, les visites de terrain des différents responsables et techniciens des organisations membres ont été des occasions précieuses de s’enquérir des problématiques auxquels sont confrontées les communautés à la base. Ces données de base nous ont été d’une grande utilité dans l’élaboration du plan.     

 

1.3.2.2  Organisation de l’atelier de planification 2016-2019

 

Au mois d’août 2015, les responsables et les techniciens des organisations membres du réseau Caritas Burundi et son Secrétariat National se sont rencontrés en atelier de travail technique au Grand Séminaire Jean Paul II de Gitega. Après l’analyse diagnostic des enjeux et défis autour des différents secteurs dans le pays, ils ont proposé la première maquette du Plan Stratégique comprenant les principales orientations stratégiques ; objectifs stratégiques, objectifs spécifiques, résultats et principales activités. Les orientations stratégiques ont été formulées en tenant compte des orientations de l’Episcopat du Burundi, de la confédération Caritas Internationalis et des principales orientations stratégiques du pays dans les différents secteurs. Le travail de diagnostic a porté sur l’analyse de la situation complexe des populations et les différents contextes dans lesquels elles organisent leur vie, en lien avec les systèmes et les structures en place, et les chocs, cycles et tendances auxquels elles sont confrontées. L’analyse a été faite selon le cadre des moyens d’existence. Les résultats de ces analyses ont été donnés dans la troisième partie du plan consacrée à la présentation de           celui-ci.   

1.3.2.3  Evaluation du Plan Stratégique 2016-2019

 

Au cours de l’atelier de planification, une évaluation rapide du plan stratgéique 2016-2019 a été effectuée. Dans l’ensemble, les membres du réseau Caritas Burundi se félicitent des résultats atteints dans certains aspects de certains résultats bien que des efforts restent à consentir davantage : la construction du réseau Caritas Burundi (résultat 1), certains aspects de la réponse aux urgences (résultat 2), la promotion de la santé (résultat 3) et certains aspects de l’amélioration de la sécurité alimentaire (résultat 4). Dans le domaine de la protection de l’environnement et des ressources naturelles (résultat 5) et celui des infrastructures sociales (résultat 6), le réseau reconnait avoir atteints peu de résultats par rapport à la planification. Aussi, l’aspect communautaire du réseau qui constitue son fondement a besoin d’être renforcé davantage.   

 

1.3.2.4  Rédaction du plan

 

Ce travail à caractère technique a été confié à une équipe restreinte de cinq personnes qui s’est consacrée à la rédaction du document entre septembre et décembre 2015. Ce fut un travail itératif de rédaction du document – analyse du document par tous les responsables et techniciens du réseau – amendement du document – intégration des recommandations. Au final, après ce travail qui a duré quatre mois, la première version du Plan Stratégique à soumettre à l’approbation par les responsables habilités a été produite       

1.3.2.5  Approbation par le Comité Exécutif

La première phase d’approbation du plan a été faite par les membres du Conseil de Coordination de Caritas Burundi ayant participé dans tout le processus d’élaboration du plan. Par après, le plan a été soumis au Comité Exécutif pour deuxième approbation avant d’être soumis aux partenaires pour d’éventuelles observations et à l’Assemblée Générale des Evêques pour dernière validation finale. A chaque niveau d’approbation, des observations ont été émises et intégré au document. 

1.3.2.6  Présentation du plan aux partenaires et adoption finale par l’Assemblée Général

 

Avant l’adoption finale du plan, il a été présenté à certains partenaires pour observations. Ces derniers ont été intégrés à la version finale adoptée en mai 2016 par les Evêques.

DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DU DIAGNOSTIC DU CONTEXTE  

 

2.1  Résultats du diagnostic des moyens d’existence, les chocs, les cycles et les tendances

Au cours de l’élaboration du Plan Stratégique 2016-2019, nous avons fait recours à l’analyse selon l’approche des moyens d’existences durable. Le diagnostic a été effectué autour des différents capitaux ; capital humain, capital social et politique, capital naturel, capital financier et capital naturel. L’analyse  des potentialités et des contraintes relatives aux moyens de subsistance des ménages a permis de mieux appréhender le contexte. Cette analyse vient compléter les données d’études disponibles et fournies dans la partie en rapport avec la description du contexte. Nous allons fournir ci-après les principales potentialités et les contraintes autour de chaque capital tel que données par les participants à l’analyse ainsi que les chocs, les cycles et les tendances.    

 

2.1.1        Au niveau du capital humain

La population burundaise est souvent qualifiée de population laborieuse. Les efforts consentis ces dernières années ont permis de rehausser considérablement le taux de scolarisation des enfants en bas âge, l’amélioration de la santé des mères et des enfants ; et dans une certaine mesure l’amélioration de l’habitat. Cependant, plusieurs contraintes subsistent. Il s’agit notamment de :    

-          Une forte croissance démographique dans un contexte de faible augmentation des ressources, ce qui crée une disproportionnalité entre les ressources et la population ;

-          Un système éducatif qui ne favorise pas une formation pratique, conscientisante et intégrale d’où manque de créativité et de prise d’initiative (pédagogie de répétition) ;

-          La persistance de la prévalence des maladies épidémo- endémiques (paludisme, VIH/Sida, etc.) et augmentation de la  prévalence des maladies à caractères chronique (diabète, hypertension, asthme,…) ;

-          Les difficultés d’accès aux soins de santé primaires et secondaires et soins de santé spécialisés ;

-          L’ignorance dans la gestion responsable de la reproduction et une mauvaise gestion du temps de travail ;

-          Le faible accès à l’emploi plus particulièrement pour les jeunes.

 

2.1.2        Au niveau du capital social et politique

 

La société burundaise a été caractérisée dans le temps par la solidarité, l’hospitalité et la fraternité. Le respect des droits humains notamment le droit à la vie, les valeurs démocratiques et l’autorité était la règle. Les crises sociopolitiques successives qui ont secoué le pays depuis les années 60 n’ont pas totalement détruit ce grand patrimoine social.

Cependant, des contraintes au niveau social et politique sont de plus en plus nombreuses ces dernières années notamment :      

 

-          La perte de valeurs de solidarité et d’entraide communautaire au sein de la société burundaise (individualisme grandissante, vulnérables non secourus par la famille et l’entourage, solidarité intéressée, restrictive et discriminatoire, manque de confiance en l’autre, etc.);

-          L’érosion des valeurs humaines, morales et chrétiennes de respect des droits humains (tuer n’est plus un interdit pour certaines personnes, les phénomènes nouveaux comme le commerce d’êtres humains, etc.) ;

-          L’injustice sociale dans l’accès aux ressources et à l’information pour les différentes composantes de la société burundaise (favoritisme ethnique, régionale, politique, etc.) ;

-          L’exaltation des libertés individuelles liées à la nouvelle éthique mondiale au dépend des valeurs familiales ;

-          Les conflits sociaux autour de la ressource terre (notamment entre la rapatriés et les populations hôtes) ;

-          L’accaparement des terres (au moment où la plupart de producteurs agricoles exploitent aujourd’hui moins de 0,5 ha, certains dignitaires ont acquis de vaste étendus de terres, autrefois domaniaux, qu’ils font souvent louer aux producteurs) ;     

-          Le faible accès des femmes à l’éducation, aux ressources, à l‘information et leur faible participation dans la prise de décision au sein du ménage (en raison de leur faible pouvoir économique, la plupart des femmes particulièrement en milieux défavorisées n’ont pas le droit de parole en famille et dans la communauté) ;

-          La faible intégration de la communauté batwa au niveau communautaire (cette catégorie de burundais reste à l’écart de la société dans certaines régions et vive dans une grande pauvreté. Cela est aussi valable pour les autres groupes marginalisés comme les albinos) ;

-          La politique du gouvernement en matière de genre reste sans effets remarquables sur les conditions de vie de la femme en milieux défavorisés (la politique se focalise plus sur quotas dans les instances dirigeantes).

2.1.3        Au niveau du capital naturel

 

Au niveau du capital naturel, le Burundi regorge de nombreuses potentialités. En effet, même si les terres cultivables burundaises sont peu vastes et considérés comme étant d’une fertilité relativement faible, sous culture, leur évolution peut être particulièrement favorable si des corrections sont apportées avec des amendements organiques. La localisation de ces terres sur différents reliefs (plaines, crêtes et dépressions) et dans différents climats (tropicale et tempéré) permet la production d’une gamme variée de cultures. S’agissant de la ressource eau, les différentes rivières sillonnant les collines constituent une source importante de production d’énergie hydroélectrique aujourd’hui rare en raison des faibles investissements dans le secteur. L’existence des lacs procure au pays une source précieuse d’alimentation en poissons, l’eau de boisson, l’eau d’irrigation, etc. Quant aux de pluies, le climat tropical modéré permet des pluies abondantes mais dont le pays ne tire pas pleinement profit. Le Burundi regorge de ressources fauniques diversifiées. Il s’agit des animaux pour la plupart localisés dans les réserves naturelles mais aussi des animaux d’élevage. S’agissant des ressources halieutiques, la plupart des poissions de grandes qualités organoleptiques proviennent du lac Tanganyika avec des espèces uniques au monde (le petit ndagala). Les forets sont constitués essentiellement des réserves nationales protégées (parc du Kibira, parc de la Ruvubu, réserve naturelle de la Rusizi, Réserve naturelle de la Rukoko, réserve naturelle de Vyanda, Réserve naturelle de Kigwena, etc.). Même si ce n’est pas suffisamment documenté, le Burundi contiendrait de nombreux gisements de ressources minières comme le nickel à Musongati, l’or à Muyinga et Kayanza, des gisements de pétrole et hydrocarbures dans la plaine de l’Imbo, etc.  Enfin, il y a existence des potentialités d’énergie solaire et d’énergie biogaz mais qui ne sont pas mises à contribution dans la production de l’énergie électrique dans un pays pourtant soumis à un régime de délestage de l’électricité.

Toutes ces potentialités sont malheureusement entourées de contraintes ne permettant pas d’en jouir suffisamment. Il s’agit entre autre de :

-          La surexploitation des terres agricoles accentuant le problème d’infertilité des terres agricoles;

-          La destruction de la biodiversité des lacs et des rivières plus particulièrement le lac Tanganyika (pollution par les usines, constructions anarchiques au bord du lac, la prolifération des plantes envahissantes sur les rives du lac Tanganyika  etc.) ; 

-          Les faibles capacités de gestion des eaux de pluies ayant comme conséquences l’érosion des sols, les inondations et les éboulements des montagnes dans certaines régions ainsi que la destruction des infrastructures sociales avec pertes en vies humaines ;

-          La déforestation (les parcs et réserves naturelles sont envahis par des cultures vivrières et industrielles (coton et canne à sucre dans la réserve naturelle de la Rusizi, pommes de terre dans la réserve naturelle de la Kibira, etc.) et feux de brousses ;

-          L’absence des plans d’aménagement du territoire et faible respect des lois en la matière;

-          La faible application des lois nationales, des conventions internationales par rapport à la protection de l’environnement auxquelles le Burundi a souscrit notamment la convention des Nations Unies sur les changements climatiques, la biodiversité et les polluants persistants ;

-          L’exploitation anarchique des mines, des carrières et des rivières (extraction des moellons, sable et gravier) ;

-          L’insuffisance d’énergie pour l’exploitation des ressources minières, pétrole et hydrocarbures ;

-          Faibles capacités techniques et manque d’esprit d’innovation autour des différentes ressources naturelles;

2.1.4        Au niveau du capital financier

 

Bien que le secteur agricole, principale source de revenus des burundais, soit confronté à plusieurs contraintes, il a quelques potentialités notamment en raison de la position géographique et les climats du pays ainsi que de l’abondance de la main d’œuvre agricole.  Aussi, les efforts du Gouvernement et d’autres intervenants dans ce secteur pourraient être prometteurs mais plusieurs contraintes subsistent. Le développement des métiers, du commerce et des emplois informels constitue l’autre source de revenus important dans le contexte de rareté des emplois formels. Au niveau de l’accès aux services financiers, les guichets des Banques et/ou Microfinance sont éparpillés à travers tout le pays au niveau de chacun des 129 Communes au moins, bien que cette accessibilité physique ne signifie pas nécessairement accès aux services financiers. De nombreux groupes offrant de services financiers sous formes de tontines (SILC,  MUSO, etc.) sont en expansion rapide au sein des communautés.

Les contraintes en rapport avec le capital financier ont été identifiées autour du secteur agricole et d’autres activités pouvant générer les revenus et sont notamment :                

 

-          La faible production agricole et d’élevage consécutive à l’infertilité et la dégradation continue des terres, le faible encadrement, les aléas climatiques, le faible pouvoir d’accès aux fertilisants organiques et chimiques, aux semences améliorées et aux produits phytosanitaires, etc.) ; 

-          La faible organisation du circuit commerciale de la production marquée par des marchés peu rémunérateurs (l’agriculteur burundais estime qu’il travail à perte du moment que la production reste faible avec des revenus à la vente ne couvrant pas les efforts consentis en termes de temps et de moyens financiers) ;  

-          Faible accès des ménages aux produits et services financiers adaptés ;

-          Faibles capacités des ménages en éducation financière (culture de crédit pour investissement, gestion des ressources familiales, etc.) ; 

-          L’incertitude, la précarité, la faible rémunération et la faible réglementation des emplois agricoles qui occupent plus de personnes ;

-          La faible adéquation formation/emploi qui engendre le chômage des jeunes lauréats ;

-          Faible motivation des investisseurs locaux et étrangers ;

-          Manque d’esprit d’initiatives et d’entrepreneuriat chez les jeunes ;

2.1.5        Au niveau du capital physique

Au niveau du capital physique, le Burundi dispose d’un réseau routier relativement meilleur. Il est possible d’atteindre les chefs lieux de toutes les toutes les 18 Provinces du pays avec une route goudronnée (la route goudronnée arrivant au chef lieu de la Province de Mwaro est en cours de construction). Plusieurs écoles ont été construites ces dernières années et permettent d’accueillir plusieurs les élèves notamment au primaire même si le nombre d’élèves par classe restent largement supérieur aux normes. S’agissant des infrastructures de santé, l’accessibilité géographique est jugée satisfaisante puisque la population en général (80%)[19] peut  accéder à un centre de santé à moins de 5 km de distance, quoiqu’il existe des disparités géographiques surtout en faveur des centres urbains. Les infrastructures de desserte en eau potable (adductions d’eau et sources aménages) restent insuffisantes et inégalement réparties. Les taux d’accès à une source d’eau améliorée sont de 77% en 2009[20]. Cependant, plusieurs contraintes existent encore dans ce secteur notamment :   

-          L’insuffisance des infrastructures de production de l’énergie électrique (centrales hydroélectriques, infrastructures de production de l’énergie solaire, éolienne et bio gaz) ;

-          L’insuffisance des voies de communication routière bien praticables (routes et pistes ruraux notamment) et faible accès des ménages aux routes existantes en raison de l’habitat dispersé ;

-          La vétusté des infrastructures scolaires, sanitaires existants ; 

-          La faible implication des communautés et l’administration locale dans l’entretien des pistes et routes construites ;

-          Le faible accès des ménages pauvres à l’habitat décent ;

-          Le mauvais entretien des infrastructures hydrauliques existantes ;

-          Le faible accès de la population à l’eau potable en milieu rural ;

-          L’insuffisance des latrines dans les lieux publics et dans les ménages ;

-          L’insuffisance des dépôts des ordures ménagères et industrielles, poubelles publiques ;

-          Le mauvais entretien des infrastructures hydro-agricoles existantes ;

-          La faible exploitation des  sources d’énergie ;

2.1.6        Les chocs, cycles et tendances

Le Burundi est confronté à une série de chocs qui sont devenus quasi cycliques. Il s’agit essentiellement des crises sociopolitiques, des aléas climatiques et l’insécurité alimentaire.

 

  1. Crises sociopolitiques

 

Depuis plus de six décennies, le Burundi est frappé par des crises sociopolitiques répétitives sur fond de divisions ethniques ; 1965, 1969, 1972, 1988, 1991, 1993 et aujourd’hui en 2015. Cette situation de conflits interminables qui ont pris un caractère cyclique joue négativement sur la sécurité, la justice, la paix sociale, les questions des droits humains, etc. ce qui enfonce le pays dans une pauvreté sans précédent. Il est important de développer des mécanismes de réintégration socioéconomique des victimes de ces crises.   

 

  1. Aléas climatiques

 

Les aléas climatiques qui menacent le Burundi sont caractérisées essentiellement par la sécheresse, les inondations, la grêle, etc. avec des conséquences graves sur les populations particulièrement les plus vulnérables. Depuis les années 1988, ces aléas sont récurrents dans certaines régions du pays. Les régions du Bugesera (Kirundo), Moso (Ruyigi, Cankuzo et Rutana), Imbo (Bubanza) sont souvent frappés par la sécheresse au moment où la région de l’Imbo (Bujumbura rural, Rumonge, Bubanza) est particulièrement confrontée aux inondations avec des glissements de terrain. Même si ces régions sont les plus affectées, les autres coins du pays ne sont pas totalement épargnés de ces aléas. Ces situations affectent profondément les conditions de vie des plus vulnérables malgré les réponses de l’Etat, ONG, des Agences des Nations Unies et Associations locales. Il est important de développer des stratégies et des actions d’adaptation et d’atténuation des effets des changements climatiques.

 

  1. Insécurité alimentaire

 

Ces dernières années, la question d’insécurité alimentaire est devenue récurrente au Burundi. A titre illustratif, le Burundi est classé selon l’indice de la faim, parmi les trois pays les plus affectés par la faim au monde selon les données déjà fournies ci-haut. Plusieurs causes d’ordre structurel (démographie, amenuisement des terres, faibles production agricole, faible accès aux ressources financières, etc.) et conjoncturelles (comme les crises sociopolitiques, les aléas climatiques, déjà donnés ci-haut) sont à l’origine de cette situation d’insécurité alimentaire. Le Burundi dispose cependant de certaines potentialités d’amélioration de la sécurité alimentaire comme sa position géographique et certains efforts sont consentis par le gouvernement comme la subvention des intrants agricoles pour faire face à cette problématique. Les stratégies solides doivent être développées pour s’assurer que l’agriculture joue sa mission première de nourrir les populations dans un contexte de pression démographique prononcé.  

2.2  Résultats du diagnostic du contexte lié à l’environnement de Caritas Burundi

 

  1. Au niveau de l’organisation

 

L’organisation de Caritas Burundi en réseau lui permet de mieux identifier les besoins et d’atteindre rapidement les populations en besoin d’assistance d’urgence ou d’accompagnement pour le développement. Ces dernières années depuis 2011, Caritas Burundi a entrepris un vaste programme de restructuration et de renforcement de son réseau qui a abouti à la mise en place des statuts, règlement intérieur, plans stratégiques périodiques, manuels des procédures, etc. régissant tous les membres du réseau. Parallèlement, des activités de renforcement des capacités organisationnelles, techniques et de gestion ont été organisées au profit des membres du réseau et du secrétariat national. Toutes ces initiatives ont favorisé la collaboration entre le secrétariat national et les Caritas Diocésaines dans une optique de subsidiarité et de synergie. Cependant, l’on remarque jusqu’aujourd’hui une certaine déconnexion entre les Caritas Diocésaines et les Caritas Paroissiales où une importante activité communautaire de pastorale de la charité est menée. Cette déconnexion entrave l’atteinte des objectifs du réseau. Nous entendons donc renforcer les capacités des Caritas Paroissiales pour répondre aux exigences professionnelles du moment devant accompagner l’action Caritas et ainsi développer davantage l’implication des communautés et des agents pastoraux à la base aux activités du réseau Caritas Burundi

  1. Au niveau du fonctionnement

En tant qu’Organisation d’envergure nationale, la Caritas Burundi parvient à mobiliser des ressources intérieures et extérieures pour son action sociale à travers le Secrétariat National et/ou les Organisations membres (Les Caritas diocésaines). Le secrétariat national et les organisations membres du réseau disposent d’un personnel qualifié ayant des compétences diversifiées. Cependant, la faible valorisation des compétences à l’intérieur du réseau, l’insuffisance dans la formation humaine et chrétienne de certains agents pastoraux, la faible mobilisation des ressources au niveau local, la grande rotation du personnel, la discontinuité du management lors des changements de SE/SG, etc. fragilisent l’efficacité et la pérennité des interventions. Nous allons tout mettre en œuvre pour témoigner de l’identité ecclésiale de la Caritas à tous les niveaux tout en mobilisant les communautés autour de l’action Caritas. 

 

  1. Au niveau de l’approche

 

Dans sa raison d’être, Caritas Burundi prône une approche d’un développement humain intégral avec une option préférentielle pour les pauvres. Pour l’atteinte de sa mission, l’Organisation travailles à se doter d’un important potentiel en ressources humaines, matérielles et financières. Des outils de gestion des ressources ont été mis également en place ainsi que des textes régissant le fonctionnement du système. En outre, la Caritas Burundi bénéficie d’un environnement sociopolitique favorable au développement du tissu associatif marqué par le processus de la décentralisation et l’existence d’une politique impliquant les associations aux actions de développement. Cependant, la faible appropriation de la mission de Caritas par une majeure partie des acteurs (agents pastoraux, populations et autres acteurs) ne favorise pas une harmonisation des approches d’intervention au sein du réseau et la responsabilisation des populations. Caritas Burundi n’arrive pas à communiquer suffisamment aux populations sa vraie identité comme instrument de la pastorale sociale de l’Eglise Famille de Dieu. Dans la mise en œuvre de ce plan, nous développerons des approches innovantes d’animation et de responsabilisation des communautés dans une optique de leur autoprise en charge.

  1. Au niveau du partenariat

 

Caritas Burundi mène des actions de réponse aux urgences, d’accompagnement social, de promotion de la santé, de sécurité alimentaire et d’environnement dans une optique d’assistance et de développement durable des communautés. Ces actions sont menées en partenariat avec l’Etat et les autres acteurs nationaux et internationaux.  Caritas Burundi bénéficie d’un appui substantiel des partenaires techniques et financiers diversifiés dans la mise en œuvre des projets et programmes au profit des populations défavorisées. Cependant, l’amenuisement des ressources financières auprès de certains bailleurs, la divergence de vision face aux enjeux de développement avec certains partenaires, certains aspects de la nouvelle ethnique mondiale peu compatibles avec la vision, la mission et les valeurs de Caritas, etc. limitent les capacités de mobilisation des ressources par Caritas Burundi. Tout en renforçant son partenariat avec ses bailleurs de fonds, Caritas Burundi devra se concentrer davantage sur la mobilisation des ressources locales et la valorisation de la pastorale de la charité au niveau communautaire.

TROISIEME PARTIE : PRESENTATION DU PLAN STRATEGIQUE 2016 - 2019

 

3.1  Fondements du Plan Stratégique 2016-2019

Caritas Burundi a entrepris depuis 2010 le processus de planification de ses activités dans le cadre des plans stratégiques en vue de mieux coordonner et rendre plus efficace son action. Le présent Plan Stratégique constitue le troisième après  le Plan Stratégique 2010-2012[21] et le plan stratégique 2013-2015. Il se veut être une réponse aux situations de vulnérabilité conjoncturelle et de pauvretés rencontrées par les populations vivant au Burundi. Ce contexte de pauvreté fonde les actions spécifiques et prioritaires de Caritas Burundi pour réduire les vulnérabilités et lutter contre les causes de la pauvreté. Afin de mieux atteindre des résultats de manière efficace et performante, Caritas Burundi agit dans une logique de coordination et de cohérences diverses avec d’autres acteurs.

3.1.1        Animation, coordination et visibilité du service de charité au Burundi

 

La récente mise en place du réseau Caritas Burundi nécessite l’existence des outils bien adaptés pour une action synergique et coordonnée de la pastorale de la charité. Dans ce cadre, ce plan constitue un excellent outil pour l’orientation des interventions de tous les membres du réseau pour la période visée par le plan. La planification stratégique de la Caritas permet à l’Eglise locale de mieux organiser et réaliser le service de la charité dans les différents diocèses. Par ailleurs, en réalisant ses missions spécifiques comme instrument d’animation des communautés humaines pour rayonner la charité du Christ, Caritas Burundi assure la présence de l’Eglise Famille de Dieu dans la vie concrète des populations du Burundi. Notons que les Caritas Diocésaines vont tirer de ce plan les plans opérationnels pour leurs Caritas respectives.     

 

3.1.2        Cohérence avec les orientations stratégiques de Caritas Africa et Caritas Internationalis

 

Bien que spécifique au contexte du Burundi, le présent Plan Stratégique est en parfaite harmonie avec les orientations du Cadre Stratégique de la Confédération Caritas Internationalis pour la période 2016-2019 et avec les choix stratégiques de Caritas Africa. La capitalisation des résultats annuels et finaux du Plan Stratégique permettra de mesurer le niveau de contribution de Caritas Burundi dans l’atteinte des objectifs de Caritas Africa et Caritas Internationalis.

 

 

 

 

 

3.1.3        Cohérence avec les politiques nationales 

 

Caritas Burundi va ajouter sa contribution aux efforts du gouvernement dans ses domaines d’intervention. En prenant en compte les différents documents stratégiques nationaux lors de l’élaboration du présent Plan Stratégique (Vision Burundi 2025, CSLP II, PNDS, PNSA), etc.), Caritas Burundi veut conformer son action aux politiques nationales en matière de paix réconciliation, de  réponse aux urgences, d’assistance sociale et de lutte contre la pauvreté en mettant le bien être de la personne humain au centre des préoccupations et pratiques de développement. En cela, Caritas Burundi joue son rôle d’évangélisation des pratiques et politiques de développement pour les mettre au service de la personne humaine et de la société par la transformation des structures et systèmes injustes et inadaptées. Caritas Burundi travaille avec l’Etat Burundais. Elle veut plaider pour que les politiques gouvernementales tiennent davantage compte des préoccupations des communautés les plus démunies et les plus défavorisées. Elle ambitionne enfin faire du développement humain intégral tel que prôné par la doctrine sociale de l’Eglise une grille de lecture de la pertinence des politiques et pratiques nationales en matière de développement au Burundi.

3.2  Objectifs du Plan Stratégique 2016-2019

 

3.2.1        Objectif global

 

Caritas Burundi va contribuer à la promotion d’une société solidaire et prospère où la dignité humaine est respectée, l’environnement préservé et où les communautés sont promotrices de leur propre développement

3.2.2        Objectifs stratégiques

 

Le Plan Stratégique 2016-2019 comprend quatre objectifs stratégiques structurés autour de quatre axes ; (i) identité ecclésiale de la Caritas, (ii) solidarité et réponse aux urgences, (ii) santé et développement durable des communautés ainsi que (iv) la communication, le partenariat et la mobilisation des ressources. Ces objectifs stratégiques sont :

  1. Objectif stratégique 1: Témoigner de l’identité ecclésiale de Caritas à tous les niveaux ;
  2. Objectif stratégique 2 : Promouvoir  l’entraide dans les communautés et améliorer la  prévention et la gestion des urgences ;
  3. Objectif stratégique 3 : Réduire la pauvreté des communautés, promouvoir  la santé, renforcer la protection de l’environnement et la gestion responsable des ressources naturelles ;
  4. Objectif stratégique 4 : Mobiliser les ressources internes et externes par le renforcement de la communication et du partenariat.

 

3.2.3        Objectifs spécifiques 

Le présent plan comprend treize objectifs spécifiques structurés autour des quatre objectifs stratégiques et présentés ci-après :  

Au niveau de l’objectif stratégique 1:

-          Objectif spécifique 1.1 : Inculquer l’esprit Caritas aux communautés ; 

-          Objectif spécifique 1.2 : Renforcer la collaboration entre les services d’Eglise à l’intérieur et à l’extérieur du réseau Caritas ;

Au niveau de l’objectif stratégique 2 :

-          Objectif spécifique 2.1 : Renforcer les capacités communautaires de prévention et de gestion des catastrophes et des urgences ;

-          Objectif spécifique 2.2 : Renforcer l’assistance, la réintégration socio-économique et la capacité d’autoprise en charge des vulnérables ;

-          Objectif spécifique 2.3 : Développer une synergie et solidarité communautaire et internationale coordonnées pour la réponse aux urgences ;

Au niveau de l’objectif stratégique 3 :

-          Objectif spécifique 3.1 : Promouvoir une éducation / formation conscientisante pour le développement ;

-          Objectif spécifique 3.2 : Contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire ;

-          Objectif spécifique 3.3 : Améliorer l’accès durable des communautés aux infrastructures publiques et à l’habitat décent ;

-          Objectif spécifique 3.4 : Contribuer à la réduction de la morbi mortalité de la population ;

-          Objectif spécifique 3.5 : Promouvoir la gestion durable des ressources naturelles et la protection de l’environnement;

Au niveau de l’objectif stratégique 4 :

-          Objectif spécifique 4.1 : Accroitre la capacité de mobilisation interne des ressources ;

-          Objectif spécifique 4.2 : Promouvoir un partenariat efficace qui respecte les valeurs et l’identité ecclésiale de Caritas ;

-          Objectif spécifique 4.3 : Renforcer la visibilité de l’action de Caritas

Un tableau synthétique permettant de montrer schématiquement la logique d’intervention entre les différents éléments du plan stratégique a été donné ci-après. En outre, des informations plus détaillées ont été fournies en annexe 1 (cadre logique) et annexe 2 (plan opérationnel 2016-2019).



[1] Au cours du processus d’élaboration et d’approbation du plan, certains partenaires ont eu l’occasion d’apporter leurs contributions ;

[2]La CECAB est l’Assemblée Générale de Caritas Burundi

[3] Notons que le budget total utilisé en 2014 était évalué à 14.732.485.082 Francs burundais

[4] PAM - Analyse Globale de la Sécurité Alimentaire, de la Nutrition et de la Vulnérabilité au Burundi 2014

[5] Unpan 034616 - Présentation

[6] Recensement Général de la Population et l’Habitat (RGPH,  2008)

[7] United Nations Statistics Division (UNSD, 2015)

[8] United Nations Statistics Division (UNSD, 2015)

[9] Rapport provisoire de l’Enquête Démographique et de Santé Burundi (DESB, 2010)

[10] IGME, 2014

[11] Recensement Général de la Population et de l’Habitat, 2008

[12] Rapport PNUD, 2014

[13] DHS, 2014

[14] ECVM, 2014

[15] MOE 2013/2014

[16] JMP, 2014

[17] Source : CSLP II

[18] Le réseau « Caritas Burundi » est constitué de 8 Organisations Diocésaines de Développement ou Caritas Diocésaines couvant tout le territoire national ; le BDDB – Caritas Bubanza (Diocèse de Bubanza couvant les Province de Bubanza et Cibitoke), l’ODDBU – Caritas Bujumbura (Archidiocèse de Bujumbura couvrant la Mairie de Bujumbura, la Province de Bujumbura, la Province de Muramvya et une petite partie de la Province Mwaro) le COPED – Caritas Bururi (Diocèse de Bururi couvant les Province de Bururi, Rumonge et une grande partie de la Province Makamba),  l’ODAG – Caritas Gitega (Archidiocèse de Gitega couvant les Province de Gitega, une grande partie de la Province de Karuzi et une grande partie de la Province Mwaro), l’ODEDIM – Caritas Muyinga (Diocèse de Muyinga couvrant les Province de Muyinga, Kirundo et une petite partie de la Province Karuzi), le BADEC – Caritas Ngozi (Diocèse de Ngozi couvrant les Provinces de Ngozi et Kayanza), la SOPRAD – Caritas Ruyigi (Diocèse de Ruyigi couvrant les Province de Ruyigi et Cankuzo) et  l’ODECO – Caritas Rutana (Diocèse de Rutana couvrant les Province de Rutana et une partie de la Province de Ruyigi et de Makamba).

[19] Enquête PETS, 2008

[20] Evaluation de la performance et de l’impact du CSLP I, 2010

[21] Le Plan Stratégique 2010-2012 n’est pas généralement considéré comme plan stratégique du réseau étant donné qu’il a été élaboré avant que le réseau ne soit effectivement mis en place


               

Au terme du Jubilé de la Miséricorde, le Pape François a institué la Journée Mondiale des Pauvres, afin que dans le monde entier les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage et mieux signe concret de la Charité du Christ pour les personnes les plus défavorisées et les plus marginalisées dans nos milieux de vie et pour que les pauvres soient considérés comme partie intégrante de nos communautés avec un rôle particulier à y jouer

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